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Les argentins adore les jeux en général, parmi les jeux les plus populaire en trouve le mahjong surtout parmi la population asiatique, c’est un jeu simple mais qui demande beaucoup de réflexion ,mais il faut préciser qu’il y a une énorme différence entre le mahjong qui se jour en ligne sur internet, c’est presque un solitaire  mais avec des tuiles du même style que le mahjong classique, et le mahjong qu’on joue en groupe , ce sont des tuiles avec des dessins de la culture chinoise, on peut acquérir le jeu dans le quartier chinois pour un prix qui tourne auteur de 150 et 200 dollars.

Aujourd’hui je veux vous parler d’un club avec le nom de « Club argentino de Mahjong »  ils adorent ce jeu et ils ont créé un groupe sur facebook, vous pouvez faire une rechercher pour les découvrir, il enseigne le Riichi Mahjong une variante japonaise.

Pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer on peut trouver sur le net beaucoup de portail qui offre des centaines de variantes pour s’amuser tout seul en jouant sur notre ordinateur ou tablette, il y existe aussi des versions pour les installer sur notre ordinateur, ses dernières sont payantes mais il y a aussi des versions de mahjong gratuites mais en général sont de moins de bonne qualité que les autres, il y a aussi l’option des jeux sur android, et Ios, il y a des centaines des versions à découvrir.

Je vous invite à le découvrir car c’est vraiment un jeu très intéressant qui aide beaucoup à la concentration, vous allez surement l’adorer.

les régles du jeu sont facile, rien de compliqué, il suffit juste de trouver les paires similaires pour cliquer dessus et les faire disparaitre dans le but de terminer le tablier le plus vite possible, au début c’est un peu difficile avec des tuiles qui portent des signes et des lettres de la culture chinoise, mais avec la pratique ça devient évident.

Je vous encourage aussi de faire une petite lecture sur l’origine de ce jeu, car c’est vraiment très passionnant, vous allez découvrir que c’est un jeu vraiment spécial avec beaucoup d’histoire et de mystère.

Pendant une époque il était interdit au gens ordinaire du peuple en Chine de jouer à ce jeu, car il croyait que les gens deviendraient intelligents,ça était juste pour les notables, mais après la révolution il est devenu presque un sport national avec des règles et des compétitions, en général les joueurs jouent pour de l’argent.

Pour ceux qui veulent jouer sur le net,je vous recommande les versions dark dimension,mahjong alchemy, les différentes versions connect.

mahjong gratuit

De moins en moins en Argentine. L’insécurité telle qu’elle est vécue par les Argentins devient un motif de manifestation.
Il faut dire que le chemin de croix ne s’arrête pas après l’agression. Un ami m’a relaté l’expérience que son épouse et sa famille avaient récemment vécue.
Tout d’abord ce qu’on appelle ici un enlèvement express. Femme et belle-mère kidnappées par une bande qui depuis des mois terrorisait le quartier. En voiture Simone, on passe d’abord vider les comptes en banque avec les cartes de crédit, puis on on vide les deux petits commerces qu’elles tenaient, enfin on dévalise leurs maisons de tous ses équipements et bijoux. Tout cela avec les brutalités et menaces que vous pouvez imaginer.
Police absente ou fermant les yeux, on ne le saura jamais précisément.
Quelques mois plus tard, la bande est arrêtée. Plus de 90 vols et enlèvements cela commençait à faire désordre.
Le juge d’instruction appelle alors les victimes et leur tient ce langage :
«Vous allez être appelées à témoigner. Je ne vous cache pas que cela peut-être très dangereux pour vous. Il risque d’y avoir des actes de vengeance. Vous allez être insultées par les familles des délinquants lors de votre arrivée au tribunal. Ne vous laissez pas photographier. Essayez toujours d’être de profil, faites attention à ce qu’on ne vous suive pas.»
Passons sur le reste, on leur décrivait un autre cauchemar à venir.
On les fit ensuite reconnaître les objets leur appartenant, les bijoux n’avaient pas été vendus. Ils furent placés dans une grande boîte, sous scellés.
Bien entendu, et on vraiment l’impression que c’était l’objectif du juge, elles ne se présentèrent pas pour témoigner. D’autres, plus courageux ou plus téméraires, le firent et nos délinquants furent condamnés.
Quelques mois après, plutôt un ou deux ans après, elles furent convoquées au tribunal pour récupérer leurs biens. Mais lorsqu’on ouvrit la boîte, il ne restait que deux bijoux sans valeur. Devant le geste d’impuissance du fonctionnaire de service, elles rentrèrent chez elles.
C’est qu’en Argentine il semble bien qu’il y ait autant de voleurs dans les commissariats et les tribunaux que dans la rue.

C’était un samedi ou un dimanche, je ne me souviens plus très bien, encore qu’à y réfléchir ce devait être un dimanche. Le samedi on travaille.
C’était vraisemblablement la plus grande, la plus belle et la plus ancienne des haciendas des environs de latacunga. Les eucalyptus bruissaient dans la campagne environnante, vallonnée, colorée de cultures diverses, un volcan montrait au loin de temps en temps sa tête, la sortant des nuages qui l’entouraient, comme un dieu à la fois égoïste et distrait.
Les bâtiments étaient d’époque coloniale, superbes, orgueilleux, immenses. Ils surplombaient une place où s’était retrouvée une foule bigarrée, curieusement silencieuse. Les femmes arboraient fièrement un chemisier blanc, brodé à la main de couleurs multiples dont les motifs rendaient un hommage à la nature, aux fleurs et aux colibris. Les jupes étaient longues, d’un bleu obscur, simplement relevé par un ruban blanc aux motifs incas. Elles portaient un chapeau en feutre, certaines en portaient deux pour bien faire remarquer qu’elles étaient veuves.
Les hommes avaient leur poncho du dimanche, du même bleu que les jupes des femmes, leur pantalon était d’un blanc immaculé.
Ils avaient tous des sandales de corde aux pieds. Enfin les moins pauvres, pour les autres, ils étaient pieds nus, il valait mieux aller ainsi que de porter des sandales usées.
Les enfants, impeccablement habillés, comme leurs parents, s’accrochaient silencieux aux jupes de leurs mères.
Leurs familles vivaient sur ces terres depuis longtemps, bien avant la construction de l’hacienda, elles appartenaient à cette terre et remerciaient chaque jour la Pachamama d’avoir fait parti de celles qui étaient restées pour aider le colon espagnol et non de celles qui furent chassées plus haut dans la montagne, là ou n’a jamais poussé grand-chose, ou tout simplement abattues.
Sur la place, devant eux, se tenait le capataz, c’est-à-dire le contremaître.
Bien entendu il était indien comme eux, un peu moins peut-être, le résultat d’un droit de cuissage coutumier et ancien. Allez savoir.
Et puis il ne s’habillait pas pareil, pas encore comme les maîtres, il s’en fallait de beaucoup, mais la grosse ceinture de cuir, le bâton de commandement qu’il arborait fièrement aujourd’hui étaient les symboles de son pouvoir.
Personne n’osait laisser son regard monter discrètement les marches qui étaient derrière lui et qui menaient directement à une vaste terrasse où les propriétaires étaient venus en famille, comme tous les ans, assister à cette fête qui clôturait l’année et le dur travail des récoltes.
Eux aussi étaient sur leur 31. Pantalons légers, blazer bleu marine et chemise blanche dont le col ouvert laissait entrevoir un foulard de chez Hermès. Les femmes en robes de cocktail ricanaient dans un coin, laissant aux hommes le plaisir de maintenir les traditions ancestrales de la famille.
Le personnel de l’hacienda, en habit traditionnel lui aussi, passait régulièrement entre eux et leurs invités pour servir les boissons et les amuses-gueules.
Mais le capataz commença à parler. Ce furent d’abord des reproches pour ceux qui n’avaient pas accompli leurs tâches. Ils étaient nommés, ils s’avançaient et devaient confesser leurs fautes devant leurs frères et leurs maîtres.
Ils enlevaient leur chapeau, baissaient la tête, et débitaient une litanie incompréhensible. Il aurait fallu voir leurs yeux, la haine devait y être plus forte que la contrition.
Puis vint le moment des félicitations, pas trop quand même, une poignée d’entre eux furent nommés. Ils eurent le droit de monter les marches et de baiser la main du Maître qui les remercia en leur donnant quelques pièces.
Enfin on les fit se diriger vers un immense préau ou les attendait de la nourriture, beaucoup d’alcool de canne. Une vieille télé passait en noir et blanc un épisode de Dallas.
Un prêtre pas rasé, les yeux glauques et la robe tachée, s’empressa de l’éteindre et leur fit de nouveau baisser la tête afin de remercier le ciel du grand honneur qui venait de leur être fait.

Cela aurait pu se passer en Bolivie. Ce fut en Équateur. Peu importe, c’était juste pour dire : merci, Monsieur Evo Morales.

Pour quelques pièces, pour arrondir des fins de mois difficiles. Et quand je dis des fins de mois, ils commencent bien souvent la première semaine.
Celui-là je l’ai rencontré dimanche, il fait le pitre, il le fait bien d’ailleurs, mais…
Il imite un chef d’orchestre, sans orchestre bien entendu, la maigre pâture avec laquelle il rentrera ce soir ne lui permet pas d’engager des compères.
Mais, c’est lui le chef, c’est important d’être le chef !
Puis les compères c’est beaucoup plus coûteux qu’on croit. Demandez aux élus de passage, ils auraient bien des choses à dire là-dessus. Mais ils ne vous diront rien, ils furent compères tellement longtemps !
Et on ne leur disait même pas la partition qu’ils auraient à jouer. Pourquoi voulez-vous que ça change ?

9. Miguel
Les deux jeunes femmes s’enfoncèrent dans leurs fauteuils.
– Oscar nous aime beaucoup, précisa Samantha. Depuis huit mois, il nous protège des autres lieutenants de Miguel, qui ne comprennent pas pourquoi
il a deux femmes chez lui. Mais pour Oscar, les femmes… Ce n’est pas son truc.
– Ah bon, dis-je, rassuré. Il est gay !
Tout devenait logique, et d’un coup, je compris les hésitations d’Oscar. La société est toujours dure et injuste avec ceux qu’elle ne comprend pas,
souvent par manque d’intelligence et de culture, parfois à cause de préjugés véhiculés par les différentes églises et, plus souvent qu’on ne croit, par
peur de trouver dans cette différence un plaisir inavouable. Que dire de la société dans laquelle je me trouvais aujourd’hui ?
Je comprenais aussi pourquoi Oscar ne pouvait demander lui-même à son chef de libérer les deux danseuses. Restait tout de même à connaître la position et les obligations de Miguel vis-à-vis des deux Vénézuéliennes.
Samantha et Anita me regardaient, la bouche bée, comme si j’allais trouver une solution immédiate à leur problème, et leur annoncer tout de go la
nouvelle de leur libération. Pitié et compassion n’étant jamais bonnes conseillères, je ne leur cachai pas que ce qu’elles me demandaient était très
difficile. Sans leur donner de faux espoirs, je leur promis néanmoins de faire tout mon possible.
– Et une fois libres, où irez-vous ? les questionnai-je. Le Vénézuéla ne semble pas être une bonne idée, l’Équateur non plus…
– Nous y réfléchissons depuis longtemps, répondit Anita. Nous voulons aller au Brésil. Là-bas, il y a du travail pour des danseuses comme nous.
Je ne me faisais pas beaucoup d’illusion sur cet avenir improbable, mais le souvenir encore chaud de la soirée de la veille m’amenait à reconnaître
qu’elles possédaient des atouts certains.
Il était tard. J’étais assez fatigué mais, bien que je fusse conscient, par certaines oeillades et gestes significatifs, qu’elles étaient prêtes à s’immerger
avec moi dans un océan de luxure, je n’étais pas assez stupide pour me prêter à un petit jeu qui ne me laisserait, je le savais, que le goût de l’amertume
à la bouche…
La nuit fut courte.
Tout au long de la semaine qui suivit, Raymond fit des merveilles. J’étais surpris moi-même par ses performances, même si je savais qu’il excellait dans son boulot, qu’il avait travaillé longtemps à préparer des voitures de compétition et qu’il avait un bon diagnostic. Même la Ferrari finit par lui céder
dans l’après-midi du jeudi. Ce soir-là, Raymond se rengorgea. S’il avait été un paon, il aurait fait la roue !
Avec l’aide de l’homme à tout faire que Miguel avait mis à notre disposition, il ne tarda pas non plus à découvrir la mystérieuse raison pour laquelle certains
véhicules tombaient si facilement en panne. L’homme confessa qu’il lavait les voitures chaque matin avec un appareil de type Kärcher, ce qui, on en conviendra, ne favorisait pas le démarrage de celles-ci compte tenu de l’humidité qui se dégageait alors. Surtout lorsqu’on ne prend pas la peine
de faire tourner le moteur chaque jour…
L’avancée rapide des réparations facilita grandement mes relations avec Miguel. Dès le lundi, il vint régulièrement s’entretenir avec moi dans le grand
salon du country-club, amenant à chaque fois alcools, champagnes et vins fins. Nous discutions pendant des heures.
J’appris qu’il était né à deux pas, et qu’il était fils unique, ce qui est plutôt rare en Amérique du Sud. Sa mère était femme de chambre dans le country-
club, et il y avait passé sa jeunesse. Les propriétaires du lieu vivaient en ville, ayant confié la gestion de l’hacienda à un contremaître – un capataz –
qui non content d’exploiter les paysans du domaine, les volait et abusait de leurs femmes, faisant régner sa loi par mille injustices et coups de fouet.
Poussé par sa mère, Miguel mena une scolarité brillante, obtenant même une bourse pour aller au collège, un fait d’autant plus méritoire que l’école
se situait à plus de deux heures de route, qu’il effectuait à pied matin et soir. Fait moins glorieux, c’est aussi à l’école qu’il fit ses premières armes
de narcos, dealant avec ses camarades de classe, puis étendant peu à peu son trafic à toute la ville. D’une organisation à l’époque pas très structurée,
il gravit rapidement tous les échelons. Devenu le chef, il la fit prospérer ; entre trahisons et luttes pour le pouvoir, à mots couverts il admit avoir plusieurs
cadavres sur la conscience.
Est-ce pour se racheter, dès qu’il acquit la propriété, un domaine de plus d’un millier d’hectares acquis à un prix difficile à refuser, que Miguel y fit installer école et dispensaire ? Qu’il utilisa ses nombreux contacts avec les réseaux sud-américains pour interdire tout trafic dans sa propre région ?
Toujours est-il qu’il entretenait les meilleurs rapports avec la police locale et les dirigeants politiques de la région, qui fermaient les yeux sur ses exportations… contre une sonnante et trébuchante rémunération.
Nos échanges ne portaient pas seulement sur sa vie professionnelle, si je puis dire : jamais, par exemple, il ne me donna de détails sur la façon dont
il exerçait son business (outre ses activités de trafiquant, il possédait plusieurs commerces), et c’était très bien comme ça. Nos sujets de conversation
portaient davantage sur la manière dont un chef doit commander, ou sur nos conceptions respectives de la vie et de la mort. Un sujet qui le hantait : tout puissant qu’il fut, Miguel était bien conscient que ses jours étaient comptés.
Je passais aussi de longs moments avec Amaya. Ce petit bout de femme absolument charmante était curieux de tout, de ma vie en Équateur, de mes
voyages, de la France. Elle m’apprit qu’elle savait lire et écrire : aussitôt, je lui offris Cent ans de solitude, de Gabriel Garcia Marquez, dont j’avais toujours
un exemplaire avec moi. Des conversations que nous eûmes, j’appris également que le jour où Miguel entra dans l’hacienda en qualité de maître des lieux, il fit fouetter le capataz jusqu’à ce que mort s’ensuive…
Lorsqu’il sut que sa Ferrari était réparée, Miguel nous invita, Pablo, Raymond et moi, dans sa demeure, pour un dîner familial auquel participèrent
sa femme et ses enfants. Animant chaleureusement la conversation, il parla longuement du travail qui avait été réalisé sur ses voitures, puis nous présenta
ses enfants et sa femme, qui rougissait de plaisir devant les compliments dont elle était l’objet. L’ambiance était un peu surréaliste, je dois bien l’admettre.
Le repas terminé, il pria chacun de se retirer et m’entraîna dans le sous-sol de sa maison. Là, il ouvrit une porte blindée, me fit entrer dans une pièce
qui semblait être son bureau, sortit une bouteille de cognac et deux verres.
Il s’assit sur un large fauteuil et m’invita à prendre place en face de lui.
– Je dois m’absenter à partir de demain, dit-il, en posant devant moi une enveloppe qui contenait les 5.000 dollars promis. Mais vous serez ramenés
à Loja samedi, comme prévu. J’aimerais faire autre chose pour toi, Patrick.
Tu m’as fait confiance et tu as respecté nos accords. Jusqu’à présent, personne n’avait voulu venir travailler ici.
Il y avait au fond de la pièce trois de ces énormes fûts à huile qu’on trouve dans les garages. Il ouvrit l’un d’eux : le fût était rempli à ras bord de liasses
de dollars.
– Un argent que je ne peux pas dépenser, dit-il. Tu veux plus d’argent ?
– Non merci, répondis-je. Par contre, je voudrais te parler d’autre chose.
– Anita et Samantha, tu veux dire ?
Devant ma mine défaite, il se mit à rire.
– Je sais tout ce qui se passe chez moi, Patrick. Je savais depuis longtemps qu’Oscar était gay. Mais il est de loin mon meilleur homme, celui en qui j’ai
le plus confiance. Je ne veux pas qu’il sache que je suis au courant.
Il me tendit une chemise cartonnée.
– Les deux filles sont libres. Dans cette chemise tu trouveras leurs passeports,
un billet d’avion pour le Brésil et 1.000 dollars pour chacune. J’ai parlé avec mes amis du Venezuela : les difficultés sont aplanies. Qu’elles évitent simplement d’y retourner avant quelques années. Anita et Samantha partiront avec vous, samedi, dans une fourgonnette. Et cette fois on ne
vous bandera pas les yeux…
Je devais sans doute faire un peu la gueule, me sentant surtout stupide d’avoir pensé que nous n’étions pas surveillés.
– Ne m’en veux pas, me lança-t-il en souriant. Ma sécurité est plus importante que tout.
Je me mis à rire. Il fit de même.
– Ne dis rien à personne avant demain, me prévint-il en me raccompagnant à l’étage. Demain soir, quand je serai parti, invite tout le monde et organise
une grande fête au country-club. Tout est prévu, j’ai vu Amaya.
Nous nous sommes séparés devant sa porte.
– Amaya est très heureuse de la manière dont vous l’avez considérée, tous les trois, m’annonça-t-il. Sais-tu qu’elle est ma mère ? Je n’ai jamais réussi à la
faire arrêter de travailler. Même mes hommes pensent qu’elle est morte depuis longtemps !
Il rit longuement et s’en alla.
Je suis resté seul un long moment sans bouger dans la cour de l’hacienda, puis j’ai pris la route de la maison, songeur, conscient que je venais de
croiser un de ces personnages issus de la magie des Andes…

Les charges de copropriétés ont été multipliées par trois ces dernières années. Tout cela à cause de l’augmentation des salaires des concierges de manière générale.
Mon concierge, je devrais dire, mes concierges gagnent plus qu’un médecin dans un hôpital et le double qu’un enseignant. Salaire brut le mois dernier 12900 pesos soit 3225 US$.
Lorsque vous recevez les charges à payer n’apparaît que cette somme. Je vous recommande d’exiger de votre syndic une copie du bulletin de salaire et là vous allez comprendre pourquoi.
Depuis des années, bien que la loi oblige les employeurs à ne pas dépasser 320 heures supplémentaires par an et par employé, une loi votée à l’époque de De La Rua pour diminuer le chômage, mon concierge bénéficie de plus de 120 heures supplémentaires par mois, dimanche, jours fériés, etc., etc.
Après consultation d’un juge spécialisé dans le droit du travail, on se trouve dans le plus mauvais cas de figure :
1 — on est en faute vis-à-vis de la loi du travail
2 — Ces heures supplémentaires payées sont considérées comme un droit acquis pour le salarié et en aucun cas son salaire ne peut diminuer.
Intéressant cas de figure, car seul le syndic est considéré comme l’employeur et la copropriété comme le payeur.
Il faut donc absolument exiger du syndic qu’il mette fin à cette gabegie. Les concierges iront aux prud’hommes et vont gagner me direz-vous.
Oui, mais :
Les heures supplémentaires vont se transformer en prime due aux salariés pour compenser une perte de salaire et vont se liquéfier avec les augmentations qui continuent à sévir dans une société qui n’a pas su maîtriser son inflation. La somme qu’il faudra payer chaque mois pour ne pas diminuer le salaire des intéressés sera moindre à chaque augmentation.
Ensuite ou en même temps il vous faudra vous en prendre à la responsabilité civile professionnelle de votre syndic. Vous allez gagner, pas certain qu’il vous paiera, mais de fortes chances quand même. Cela implique un autre procès.
Et pour ce qui est des heures à faire de nuit et les jours fériés, tertiarisez le problème et prenez une société de services.

Voilà où nous en sommes de nos réflexions, il est possible que je sois par trop pessimiste ou optimiste. À suivre…

Une gamine disparaît, la presse, la télévision, les radios, les associations de quartier se mobilisent pendant des jours entiers pour la retrouver, faisant appel au passage aux artistes, politiques, sportifs tout ce que la société compte de personnages hauts en couleur et qui se prêtent volontiers à cette exposition.
On ne parlera même pas des mails, des murs de Facebook pleins d’appels et de lamentations, des sites dédiés à cette tragédie, des forums divers…
À première vue, pour celui qui arrive dans le pays, ou même pour celui qui y vit depuis quelque temps, c’est l’expression même d’une société solidaire et consciente qui participe pleinement à la vie de son quartier, de sa ville et de son pays.
La dernière mobilisation de cette nature eut lieu il y a 7 ou 8 ans pour un kidnapping, celui de Blumberg.
Dans ces deux cas, les disparus furent retrouvés sans vie. Dans ces deux cas, on a mis le doigt sur l’incompétence d’une police corrompue, bien souvent plus proches des délinquants que de leurs victimes. Les politiques ce sont mobilisés, se sont montrés proches des victimes, attitude de circonstance qu’ils fussent de la majorité ou de l’opposition.
Tout cela pour oublier, que ce sont trois gamins qui sont enlevés tous les jours en Argentine, qu’il y en a 100 qui meurent de faim chaque jour, ce qui est bien pire dans un pays qui se targue d’être le grenier du monde et d’être capable de nourrir la moitié de la population mondiale.
Tout cela sans doute pour faire de temps en temps d’un exemple l’arbre qui cache la forêt, de faire du malheur d’une famille le deuil inconscient de milliers d’autres enfants dont on ne parlera jamais, pour faire croire aussi que la corruption de la police n’est pas la conséquence directe de la corruption des institutions et de ceux qui les servent, enfin pour que la misère et l’indifférence de ceux qui ont la charge de la combattre ne deviennent jamais un sujet d’actualité.

On était en droit de se demander pourquoi Cristina avait choisi d’organiser une primaire ouverte dans tout le pays, pour, disait-on, empêcher les petits candidats de venir polluer les prochaines élections présidentielles.
Les sondages la donnaient gagnante au premier tour, d’autant que les règles électorales argentines pour la présidentielle considèrent la majorité acquise à 45 % des votants et même à 40 % si le premier des opposants n’atteint pas 30 %.
À moins qu’elle ne crût pas à ces sondages habituée depuis 8 ans à falsifier tous les chiffres du pays, inflation, chômage et taux de pauvreté, la manœuvre semblait assez inutile.

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Les scandales pour corruption qui s’accumulent depuis 8 ans, la fortune présidentielle qui se multiplie tous les ans pouvaient peut-être faire douter d’un résultat positif.
D’un autre côté l’incapacité de l’opposition à se réunir sous une même bannière, l’absence même d’une forte personnalité capable de mettre en place une logique de confrontation avec un programme défini constituait un terreau fertile au populisme en place depuis 8 ans.
En analysant bien les choses, cette victoire de Cristina, plus de 50 % des voix dans tout le pays, va lui permettre d’asseoir une autorité qu’à l’intérieur même de son parti certains voudraient déjà partager avec elle.
Tout d’abord la CGT, enfant gâté du Kirchnérisme, plus fort que jamais et qui demande depuis quelques mois un rôle politique qu’on lui refuse.
Ensuite de tous ceux, parmi ses amis et compagnons, qui rêvent de la remplacer à l’issu de son prochain et dernier mandat selon la constitution. C’est qu’ils sont nombreux à rêver, à espérer, prêts à tout, même au pire pour être considérés comme les candidats naturels à sa succession.
Le fait de pouvoir s’affranchir de ces obligations et alliances est sans doute positif. Je dis sans doute, car je n’en suis pas sûr, le pouvoir absolu, sans opposition dans le pays et dissidences dans sa propre majorité n’est pas le meilleur moyen de gouverner de manière démocratique surtout lorsqu’on n’y est pas enclin.